La Pie de Palaiseau, et le Chien de Montargis, ou Le crime aux prises avec la vertu

La Pie de Palaiseau, et le Chien de Montargis, ou Le crime aux prises avec la vertu, parade en un acte, mêlée de couplets, ornée d'un ballet de pies et de chiens, de Jean-Baptiste Dubois et Brazier, 20 juin 1815.

Théâtre de la Gaieté.

Parade ou parodie ?

Titre :

Pie de Palaiseau et le Chien de Montargis (la), ou le Crime aux prises avec la vertu

Genre

parodie/parade

Nombre d'actes :

1

Vers / prose

en prise, avec des couplets en vers

Musique :

vaudevilles

Date de création :

20 juin 1815

Théâtre :

Théâtre de la Gaieté

Auteur(s) des paroles :

Jean-Baptiste Dubois et Brazier

Le Nain jaune, n° 375 (Cinquième année, 25 juin 1815, p. 382-383 :

[Dans la droite ligne du succès des deux pièces à animaux, la Pie voleuse, ou la Servante de Palaiseau et le Chien de Montargis, une pièce qui regroupe les deux animaux. Le critique n'apprécie guère : elle est pour lui « le recueil le plus complet de toutes les sottises, de toutes les platitudes débitées depuis vingt ans sur les tréteaux du boulevart ». L’allusion au Port au Blé suggère que le propos n’est pas très convenable (le Port au Blé était le lieu de bains publics, propices à la débauche). L’analyse de la pièce s’ouvre sur un « La première idée de la pièce est misérable » qui ne laisse guère de doute sur ce que pense le critique. L’intrigue est en effet bien pauvre, et les auteurs sont durement condamnés : comment ont-ils pu écrire « une pareille rapsodie » ?]

Théâtre de la Gaîté Première représentation de la Pie de Palaiseau et le Chien de Montargis, ou le Crime aux prises avec la vertu. Il semble que tous les faiseurs de couplets se soient donné le mot pour retourner toujours les mêmes idées. Ces messieurs ont épuisé toutes les locutions pour faire dire à chaque personnage lui-même, qu'il n'est qu'un imbécille. C'est le nec plus ultra du genre. Vous allez au bois, dit l'un, pour chasser la grosse béte ? Vous m'y trouverez. La plupart des vaudevilles modernes fourmillent de ces ingénieuses plaisanteries. Quelques auteurs qui jouissent d'une certaine réputation, n'ont pas dédaigné ce genre d'esprit facile; mais ils se sont bien gardés d'en abuser. La nouvelle parade de la Gaîté est le recueil le plus complet de toutes les sottises, de toutes les platitudes débitées depuis vingt ans sur les tréteaux du boulevart. Chaque acteur trouve moyen de se dire qu'il est bête, et le public s'empresse de faire chorus. Les couplets expriment en style de charniers, des idées dignes du Port au Blé. Un petit amoureux bien sot chante, en attendant sa belle :

Ah ! vous le savez bien, mesdames,
Moins vous venez plus nous allons.

La première idée de la pièce est misérable. M. Tayot, grand amateur de chiens, a pour sœur madame Babel, qui raffole des oiseaux ; Jules, fils de Tayot, et Laure, fille de madame Babel, sont amoureux l'un de l'autre, et pour obtenir le consentement de leurs parens, ils s'entendent avec les propriétaires du chien de Montargis et de la Pie de Palaiseau. Un bailli, plus sot encore que celui de Palaiseau, fait subir un interrogatoire à ces deux animaux ; et quand il va prononcer, le chien s'enfuit en emportant la cage de la pie. On court après les fugitifs, on les ramène, et un ballet de chiens et de pies termine ce nouveau chef-d'œuvre, qu'on doit, s'il faut en croire l'Indépendant, à MM. Dubois et Brazier (qui ne travaille pas au Nain Jaune).

On ne conçoit pas que deux auteurs, qui ont réussi plus d'une fois sur d'autres théâtres, aient eu le courage d'écrire une pareille rapsodie.

Mémorial dramatique ou Almanach théâtral pour l’an 1816, p. 192 :

[Compte rendu un peu affligé d’une pièce ridicule et niaise, où tout est « d’un mauvais goût ». Elle repose sur deux pièces à la mode, la Pie voleuse, ou la Servante de Palaiseau et le Chien de Montargis deux drames qu’il s’agit de ridiculiser. Occasion aussi de voir le fossé entre les critiques et le public : ce qui indigne le critique obtient du succès auprès du public...]

LA PIE DE PALAISEAU ET LE CHIEN DE MONTARGIS, ou le Crime aux prises avec la Vertu, parade en un acte, par M. Bétomane. (20 juin.)

Mlle. Caquet et son frère, provinciaux des plus ridicules, et grands amateurs de bêtes, font venir de Paris la Pie de Palaiseau et le Chien de Montargis, pour juger par eux-mêmes du mérite de ces animaux fameux, des scènes plus bizarres que plaisantes auxquelles donne lieu l'arrivée des deux illustres voyageurs remplissent cette parade, que termine un ballet d'enfans travestis en pies et en chiens.

Il était difficile de faire une pièce plus ridicule et plus niaise. Dialogue, couplets, tout est d'un mauvais goût, et nous sommes étonnés qu'au lieu d'une chûte méritée, la pièce ait obtenu plusieurs succès.

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