Les Petits commissionnaires

Les Petits Commissionnaires, comédie en 2 actes, en prose, mêlés de musique. Par les c. Jourdan et Vial, musique du c. Gresnik, 24 Prairial an 2 [12 juin 1794].

Théâtre lyrique des Amis de la Patrie

Titre

Petits Commissionnaires (les)

Genre

comédie mêlée de musique

Nombre d'actes :

2

Vers / prose ?

prose avec des couplets en vers

Musique :

oui

Date de création :

24 prairial an 2 (12 juin 1794)

Théâtre :

Théâtre lyrique des Amis de la Patrie

Auteur(s) des paroles :

Vial

Compositeur(s) :

Gresnik

Almanach des Muses 1795.

Même fond que Claudine, du théâtre de la rue Feydeau.

L’Esprit des journaux français et étrangers, 1794, volume 7, p. 315-317 :

[Encore une histoire de fille séduite, et qui finit par retrouver son séducteur et l’épouse. Le fonds de la pièce n’est pas original. Le bilan critique est contrasté : le texte est d’un débutant prometteur (intérêt, style soigné, vers bien faits, du sentiment : beaucoup de qualités), mais il a tous les défauts des pièces de ceux qui ne connaissent pas le théâtre : « Des scenes vuides & remplacées ; des longueurs qui coupent l'intérêt ; un personnage inutile ». Mais le critique porpose des modifications qui assureraient le succès de la pièce. Le musicien aussi est un débutant, mais lui possède son art à fond : sa musique « est remplie de chant & d'intentions dramatiques »]

THÉATRE LYRIQUE DES AMIS DE LA PATRIE, ci-devant LOUVOIS.

Les petits commissionnaires, comédie en deux actes, en prose, mêlée de musique ; par Vial.

C'est le même fond que Claudine, du Théâtre Feydeau, mais traité différemment. La scène se passe de même à Genève : là, Belfort, après avoir séduit, dans le cours de ses voyages, une jeune pastourelle de la vallée de Chamouni, qu'il a abandonnée ensuite, se plaît à voler de conquête en conquête. Il a du penchant pour une certaine Fanny : mais une dame Alberti, femme jalouse à l'excès, le tient dans ses fers, surveille toutes ses démarches, et se propose de le punir rigoureusement de la moindre infidélité. Sur ces entrefaites, Claudine et son fils Benjamin, tous deux déguisés en commissionnaires, frappent les regards de Belfort, et l'attendrissent. Claudine reconnaît son séducteur ; elle porte toujours son portrait sur son cœur : mais Belfort a tellement oublié Claudine, que ses traits ne sont plus présens à sa mémoire. Claudine se fait passer pour le frère de Claudine : Belfort, qui sent renaître ses remords, la prend à son service, ainsi que le petit Benjamin. Cependant la dame Alberti a surpris une lettre que Belfort écrivait à Fanny. Cette femme furieuse, et secondée par un scélérat, veut faire assassiner son infidèle. En effet, Belfort est attaqué : Dubois, son fidèle serviteur, et Claudine l'aident à repousser ses assassins ; ils y réussissent : mais Claudine est blessée dans l'action ; c'est en lui donnant des secours, qu'on trouve sur son cœur le portrait de Belfort. Ce dernier reconnaît l'infortunée qu'il avait abandonnée : Claudine lui remet son fils Benjamin, et devient l'épouse de son séducteur.

Cette pièce est le premier ouvrage d’un jeune homme : elle annonce les plus heureuses dispositions pour l’art dramatique : on .y trouve de l’intérêt, un style soigné, des vers bien faits, & du sentiment. Avec ces qualités, on ne peut avoir que les défauts d'un commençant : aussi s’apperçoit-on aisément que l’auteur n'a pas encore travaillé pour le théatre. Des scenes vuides & remplacées ; des longueurs qui coupent l'intérêt ; un personnage inutile, celui de l'ami de la femme Alberti, tout cela n'annonce que peu de connoissance de la scene ; mais, pour donner plus d'intérêt à son ouvrage, l'auteur n'a qu'à resserrer davantage son dénouement, ainsi que les scenes de fureur de la femme Alberti ; en supprimant aussi le rôle de Forvard, nous croyons que cette piece, qui d'ailleurs est très-bien écrite, jouira d'un succès constant. La musique est le premier ouvrage, connu à Paris, de M. Gréesnik ; elle est remplie de chant & d'intentions dramatiques ». Le public a singuliérement applaudi à la fraîcheur & à la mélodie de plusieurs morceaux qui prouvent que M. Gréesnik connoît à fonds toutes les ressources. de son art.

(Annonces & avis divers.)

L’Esprit des journaux français et étrangers, 1794, volume 9 (septembre 1794), p. 260-261 :

[La pièce appelée ici les Deux commissionnaires est bien les Petits commissionnaires. Les auteurs sont affublés de noms étranges (Grezier pour Gresnick, Viac pour Vial).

La pièce n’est pas originale, puisqu’elle s’inspire d’une nouvelle de Florian, qui a déjà été mise en théâtre. Ici, les auteurs ont suivi pas à pas la nouvelle, ce qui pose problème : si la nouvelle « contient des situations très-attachantes », leur transposition au théâtre fait perdre à certaines « beaucoup de l’intérêt qu'elles sembloient devoir inspirer ». De plus, le critique relève le manque de préparation des événements, et l’invraisemblance du dénouement (quand on est au chevet d’une mourante, on a mieux à faire que de lui faire « de longues protestations d'amour »). La musique a eu un meilleur succès.]

Les deux commissionnaires, opéra en deux actes, musique de Grezier [sic pour Gresnick], paroles de Jourdan & Viac [sic pour Vial].

Cet opéra est tiré d'une nouvelle connue de Florian, la même qui a fourni le sujet de Claudine, opéra en un acte, donné sur le théatre de la rue Feydeau ; mais dans cette derniere piece, l’auteur s'est souvent écarté de l’original, au-lieu que les auteurs des deux commissionnaires l'ont exactement suivi depuis l'instant où Claudine & son fils retrouvent Belfort, jusques au moment où cette mere malheureuse reçoit le coup qui alloit percer son amant ; il seroit donc inutile d'entrer dans des détails sur l'intrigue de cette piece.

La nouvelle de Claudine contient des situations très-attachantes ; presque toutes se retrouvent dans cette piece ; mais comme toutes n'étoient pas également susceptibles d'être mises sur la scene, quelques-unes y perdent beaucoup de l’intérêt qu'elles sembloient devoir inspirer. Les événemens y sont d'ailleurs peu préparés, & le dénouement sans vraisemblance ; Claudine, dangereusement blessée, est reconnue par Belfort, qui lui jure un amour éternel Cette scene est touchante, mais trop longue ; le premier soin de Belfort doit être d'assurer la vie de son amante; & de longues protestations d'amour sont déplacées près d'une femme mourante.

La musique de cet opéra a eu un succès mérité ; l'ariette que chante Belfort au second acte, a été couverte d'applaudissemens.

(Annonces & avis divers.)

La base César ne paraît pas connaître cette pièce. André Tissier, les Spectacles à Paris pendant la révolution, tome 2, p. 177 et 460, lui connaît 65 représentations.

Dans le Dictionnaire lyrique ou histoire des opéras, de Félix Clément et Pierre Larousse, les deux titres, les Deux commissionnaires (paroles de Jourdan et Visé, musique de Gressier, joué sur le théâtre de Louvois en 1794, voir p. 204) et les Petits commissionnaires (attribué à Gresnick, joué au théâtre de la rue de Louvois en 1795, voir p. 528) sont distinguées, mais sans doute par erreur.

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