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Achmet, ou l'Ambition maternelle

Achmet, ou l'Ambition maternelle, mélodrame en trois actes, à grand spectacle, par Hubert et Louis [L. B. F. von Bilderbeck], musique d'Alexandre [Piccinni], ballets de Hullin., 10 décembre 1811.

Théâtre de la Gaîté.

Hubert est le pseudonyme de Philippe-Jacques de Laroche.

Sur la page de titre de la brochure, à Paris, chez Barba, 1811 

Achmet ou l'Ambition maternelle, mélodrame en trois actes, à grand spectacle ; par MM. Hubert et Louis ; Musique de M. Alexandre ; Ballets de M. Hullin. Représenté, pour la première fois, sur le Théâtre de la Gaîté, le 10 Décembre 1811.

Journal de Paris, n° 72 du 11 décembre 1811, p. 3-4 :

[Compte rendu qui choisit l'ironie pour dire tout le mal qu'on peut penser d'une telle pièce. Après avoir plaisanté sur le rythme infernal avec lequel les mélodrames se succèdent, le critique raconte de façon très elliptique une intrigue qui ne mérite pas un meilleur sort. Le meilleur du spectacle, ce sont les ballets de Hullin. La mise en scène est riche et élégante, mais le public n'a pas épargné les sifflets.]

THEATRE DE LA GAIETE.

Première représentation d'Achmet, ou l’Ambition maternelle.

On assure que nos premiers pères vivaient au moins cinq ou six siècles, et nous, race dégénérée, nous nous traînons à peine jusqu'à douze ou quinze lustres. Ainsi, dans les premiers temps de la création, j'ai vu des mélodrames patriarches fournir vigoureusement une carrière de huit ou dix mois, et mourir encore bien portans ; mais aujourd’hui, à six semaines ils s’éteignent de vieillesse et d'épuisement. Il n’est pas encore loin de nous le temps où l’on voyait le Jugement de Salomon, la Femme à deux Maris, l'Homme à trois visages remplir, pendant une année entière, l'affiche, la salle et la caisse. Oh !: le bon temps pour les directeurs et les acteurs des théâtres des boulevards !... Quand un mélodrame à succès était lancé, ils avaient au moins six semaines à se dorloter dans une pécunieuse oisiveté ; à présent, à peine une pièce est-elle jouée qu’il fait s'occuper de celle qui doit lui succéder.

Le croirait-on ? le Précipice, le fameux, le profond Précipice ne compte encore que trente-trois représentations, et déjà Achmet vient le détrôner. Détrôner un précipice paraîtra sans doute une expression assez bizarre ; mes lecteurs comprendront que j'ai personnifié la pièce ; d'ailleurs on se sent une grande hardiesse de style quand on vient de voir un mélodrame, et aucun ouvrage n’est plus capable d'enhardir un écrivain que celui dont je vais essayer de rendre compte.

Il était une fois un sultan nommé Amurat, dont le fils Achmet fut voué à la mort par une belle-mère ambitieuse. Après beaucoup d'aventures tant bonnes que mauvaises, le pauvre Achmet va se voir étranger par des muets qui, de peur qu'on n'en prétende cause d'ignorance, ont grand soin de dérouler aux yeux du public les cordes, attributs de leurs fonctions. Mais tout à coup. j'en ai dit assez pour exciter la curiosité, et trop peu pour la satisfaire. Ceux qui seront jaloux de connaître les vingt-six infortunes du seigneur Achmet iront lui rendre visite.

Ce qui a été le plus applaudi dans cette pièce turque, c’est une anglaise parfaitement dansée par M. Hullin, qui a été nommé comme auteur des ballets. Les paroles sont de MM. Hubert et Louis, et la musique de M. Alexandre. L'administration, qui monte toutes les pièces avec tant de richesse et d'élégance, s'est encore surpassée dans celle-ci. Nous voudrions pouvoir en dire autant des auteurs..... Quelques spectateurs sévères ont prouvé que les muets du sérail ne leur avaient pas coupé le sifflet.

A.          

 

Mémorial dramatique ou Almanach théâtral pour l'an 1813, p. 163 :

ACHMET, ou l'Ambition Maternelle, mélodrame en 3 actes, par MM. Hubert et Louis. (10 décembre 1811.)

Le succès de ce mélodrame a été fort douteux. Des sifflets se sont fait entendre; et la pièce a eu très-peu de représentations.

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