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Bagatelle, ou le Bilboquet

Bagatelle, ou le Bilboquet, vaudeville (parodie de Praxitèle ou la Ceinture, de Milcent, musique de madame Devismes), de Barré, Radet et Bourgueil, 9 thermidor an 8 [28 juillet 1800].

Théâtre du Vaudeville

Titre :

Bagatelle, ou le Bilboquet

Genre

vaudeville

Nombre d'actes :

 

Vers / prose ?

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

vaudevilles

Date de création :

9 thermidor an 8 [28 juillet 1800]

Théâtre :

Théâtre du Vaudeville

Auteur(s) des paroles :

Barré, Radet et Bourgueil

Courrier des spectacles, n° 1212 du 10 thermidor an 8 [29 juillet 1800], p. 2-3 :

[Le compte rendu des deux parodies de Praxitèle ou la Ceinture jouées le même jour, Bagatelle ou le Bilboquet au Vaudeville, Ficelle, ou la Jarretière aux Troubadours, est rondement mené en parallèle, à l’aide d’un dialogue où chacun des deux théâtres décrit sa production. Le critique n’intervient guère que pour distinguer les deux spectacles par les couplets, « de la grace et de la finesse » au Vaudeville, « de la facilité et de la satyre » aux Troubadours. Les auteurs sont nommés, les interprètes des Troubadours sont félicités en bloc, tandis que trois des acteurs du Vaudeville sont nommés.]

Théâtres du Vaudeville et des Troubadours.

« Bravo, parodistes, bravo. Ah ! ça, dites moi, joyeux enfans du Vaudeville, et vous, gentils Troubadours, qui a pu vous armer contre ce pauvre Praxitèle ? Quoi ! vos deux théâtres ? le même jour ? c’est donc afin qu’il ne se relève pas ? Voyons de quelle manière vous avez saisi et frondé les ridicules. »

Vaudeville.

Praxitèle avec sa statue est tout bonnement chez nous Bagatelle avec une poupée.

Troubadours.

Chez nous c’est Ficelle avec un enseigne représantant la mère Catau.

Vaudeville.

Scopas ? c’est Sotas qui remporte le prix avec un Polichinelle.

Troubadours.

C’est Canevas qui est couronné pour avoir peint un bouc.

Vaudeville.

Et Vénus , comment nos collègues l’ont-ils travestie ?

Troubadours.

En une bonne grosse réjouie, la mère Catau.

Vaudeville.

Nous en avons fait une dame, une marchande de modes, madame Cypris, mère de la petite Catherine qui joue les Amours à l’Opéra.

Troubadours.

Sa ceinture est devenue entre nos mains une jarretière.

Vaudeville.

Entre les nôtres un bilboquet.

Troubadours.

C’est jolie : et les juges ?

Vaudeville.

Nous en avons fait des imbécilles.

Troubadours.

Et nous des ivrognes.

« Très-bien, citoyens parodistes, très-bien ! mais en tout cela nous ne voyons pas de pièce. »

Vaudeville et Troubadours.

Demandez à Praxitèle ; nous ne sommes qu’imitateurs.

« C’est différent, mais les couplets ? Pour ceux-là, vous ne les avez empruntés nulle part ; aussi portent-ils le cachet, au Vaudeville, de la grace et de la finesse, et aux Troubadours, de la facilité et de la satyre. Les auteurs de ces joyeuses productions, vous les nommez , »

Vaudeville.

Les cit. Barré; Radet et Bourgueil.

Troubadours.

Les cit. Léger et Guilbert-Pixerécourt.

« Et les acteurs ont sans doute contribué au succès ?

Troubadours.

Nous y avons tous travaillé, le public nous a récompensés.

Vaudeville.

Dussions-nous blesser leur modestie, nous nommerons entr’autres les trois aimables enfans Lolotte, Minette et le jeune Frédéric Blosseville.

F. J. B. P. G***.

Magasin encyclopédique, ou journal des sciences, des lettres et des arts, 6e année, 1800, tome II, p. 426-427 :

[Le critique considère que cette pièce est une parodie, mais celle d’une statue, et du jugement que trois juges portent sur elle. Jugement favorable, à défaut d’explication claire de l’intrigue : « charmante parodie », « d'une gaieté et d'une malice qu'on a fort applaudies » Les principaux rôles tenus par des enfants l’ont été avec «  un naturel et une aisance étonnans à leur âge ». Même jugement favorable pour l’arlequin du théâtre du Vaudeville, «  caricature très-plaisante d'un Arlequin du boulevard » (il y a une hiérarchie entre les théâtres...). Le compte rendu s’achève par les deux extrêmes de la pièce, couplet d’annonce et couplet du vaudeville final qui réclament tous deux l’indulgence du public.

L’expression « donner dans la bosse « est expliquée ainsi par le Dictionnaire de l’Académie Française, dans l’article « bosse » : « On appelle Bosse, dans un Jeu de Paume, cet endroit de la muraille du côté de la grille, qui renvoie la balle dans le dedans par bricole [à l’article « bricole », sens concernant le jeu de paume : « retour de la balle quand elle a frappé une des murailles des côtés »]. Et dans ce sens, Attaquer la bosse, donner dans la bosse, se dit lorsqu'on pousse la balle à l'endroit qui la renvoie dans le dedans ; et, Défendre la bosse, lorsqu'on rechasse la balle avant qu'elle y puisse entrer. On dit figurément, Donner dans la bosse, pour dire, Donner dans le panneau, être dupe. »

La rue de la Loi, c’est le nom que prend en 1793 la rue de Richelieu, où se trouve le Théâtre de la République, devenu en 1800 le Théâtre Français.

L’allusion à la plaisanterie concernant le bilboquet m’échappe (ou j’ai peur de comprendre)... Si quelqu’un comprend...]

Bagatelle, ou le Bilboquet.

On a joué le 9 thermidor un charmante parodie de Praxitèle ; sa Vénus a été transformée en une poupée, la statue de Scopas en un polichinelle. Les trois juges sont M. Brioché, directeur du théâtre des marionettes, M. Raclant, chef d'orchestre, et M. Perclus, premier danseur. Ils donnent dans la bosse, comme ceux de la rue de la Loi, dit Arlequelin [sic] leur interprète. La scène du bilboquet, dont Bagatelle doit choisir ou la boule ou la branche, est d'une gaieté et d'une malice qu'on a fort applaudies. Les auteurs sont les CC. Barré, Radet et Bourgueil. Les trois petits enfans qui avoient joué les principaux rôles, ont été demandés après la pièce ; en effet, ils ont mis dans leur jeu un naturel et une aisance étonnans à leur âge. On a aussi remarqué le C. Laporte, jouant la caricature très-plaisante d'un Arlequin du boulevard. Voici le couplet d'annonce et celui du vaudeville final.

Air du vaudeville de l’île, des femmes.

Bagatelle promet bien peu ;
C'est un titre sans conséquence ;
Et le bilboquet est un jeu
Qui n'a de prix que pour l'enfance.
N'allez pas user de rigueur,
En voyant la pièce nouvelle;
Il ne faut pas prendre d'humeur,
Quand il s'agit de bagatelle.

Air : D'une abeille toujours chérie.

A l'Opéra, le chant, la danse,
A l'envi charment tous les sens ;
Et moitié de votre indulgence
Suffit pour d'aussi grands talens.
Mais pour nous qui, dans la carrière,
A peine osons mettre le pié,
Il faut votre indulgence entière :
Ce seroit trop peu de moitié.

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