Les Hasards de la guerre

Les Hasards de la guerre, comédie en un acte. mêlée de vaudevilles, de Maurice Séguier, 2 prairial an 10 (22 mai 1802).

Date fournie par la brochure et confirmée par le Journal de Paris et le Courrier des spectacles, quand le Magasin encyclopédique parle du 21 floréal an X (11 mai 1802).

Théâtre du Vaudeville

Titre

Hasards de la guerre (les)

Genre

comédie mêlée de vaudevilles

Nombre d'actes :

1

Vers / prose ?

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

vaudevilles

Date de création :

2 prairial an X (22 mai 1802)

Théâtre :

Théâtre du Vaudeville

Auteur(s) des paroles :

Maurice Séguier

Almanach des Muses 1803

Sur la page de titre de la brochure, Paris, chez Made. Masson, an X – 1802 :

Les Hasards de la guerre ; comédie en un acte, mêlée de vaudevilles. Représentée le 2 prairial an 10, au théâtre du Vaudeville ; Par Maurice S...., Auteur de l'Entrevue, du Rendez-Vous, et du Maréchal d'Anvers.

La seconde édition, Paris, chez madame Masson, 1809, ajoute à la liste des œuvres de l'auteur la Parisienne à Madrid.

Courrier des spectacles, n° 1904 du 3 prairial an 10 [23 mai 1802], p. 2 :

[La pièce a obtenu du succès moins par ses qualités dramatiques, sujet, intrigue, conduite des scènes, que par l’esprit qu’on y trouve, et qui est ce qu’apprécie le public du Vaudeville. Un esprit qui n’est d’ailleurs pas, comme on s’y attend au Vaudeville, dans la chute des couplets et les madrigaux qu’ils contiendraient (on a l’impression que le critique ne sait pas très bien pourquoi la pièce a plu au public...). L’intrigue raconte une histoire d’amour entre un officier français et la sœur de l’officier allemand qui le garde. Quand Rosemonde prend conscience que Gercour l’aime, elle suggère à son frère de lui donner sa main, plutôt qu'un dédommagement en argent. Le jugement sur la pièce est peu explicite, il se limite à dire que les caractères des deux amoureux est en quelque sorte à l’inverse de ce qu’on attendrait, elle plus française (coquette ?) qu’allemande, lui plus allemand que français. Les acteurs ont droit à des compliments inégaux, l’une étant chaudement complimentée, les autres ayant doit à des portions de plus en plus congrues. Et on finit sur le nom de l’auteur.

Théâtre du Vaudeville.

Première représentation des Hazards de la guerre.

Cette pièce a eu un grand succès ; ce n’est pas qu’on y trouve un sujet heureux, une intrigue bien filé , des scènes bien conduites, mais beaucoup d’esprit, et c’est un sauf-conduit pour tout le reste. Apportez au Vaudeville de l’esprit, et avec cela vous réussirez auprès d’un parterre qui ne vient à ce théâtre que dans l’intention de sourire aux épigrammes, d’applaudir aux chûtes de couplets bien amenées, ou de se pâmer aux madrigaux. Soyons justes, l’auteur de la pièce a été avare d’épigrammes et de madrigaux ; et cependant il a parfaitement réussi. Sa pièce est jolie, quoique peu forte en action : mais comme nous l’avons dit , elle pétille d’esprit.

Gercour, officier français, a été prisonnier du Colonel Stolberg, et n’a eu qu’à se louer de sa courtoisie ; le Colonel, par un retour de fortune, est devenu prisonnier de Gerconr qui s’empresse d’adoucir sa captivité. Stolberg a une sœur nommée Rosemonde, jeune demoiselle jolie et qui n’est pas insensible au mérite de l'Officier français. Elle a peint l’action où Gercour s’est particulièrement distingué et où il a sauvé la vie à son frère. Gercour en voyant ce tableau s’en est emparé et l’a emporté chez lui. Rosemonde apprend alors du valet de son amant qu’elle est aimée et comme Gercour a refusé de recevoir une somme d’argent que le Colonel croyoit devoir lui faire tenir secrètement parce qu’il s’est endetté pour avoir soin de son prisonnier. Elle avoue à son frère qu’il est une autre récompense qu’il ne refusera sans doute pas.

        Air : Vaudeville de M. Guillaume.

Gercour long-tems m’aima sans me le dire,
        Moi je l’aimois sans le savoir ;
        Dans son ame je viens de lire,
        Et dans la mienne il a sçu voir.
Si votre sœur devient sa récompense,
        Que faire de plus pour Gercour ?
        C’est payer la reconnoissance
            Par les mains de l'Amour.

Le Colonel en effet récompense Gercour en l’unissant à sa sœur.

Tel est le fonds de ce vaudeville. Le caractère de la demoiselle est plus français qu’allemand, et celui du jeune gomme [sic] plus allemand que français. Mad. Belmont a fort bien joué le rôle de Rosemonde, et les cit. Vertpré et Henry dans ceux de Stolberg et de Gercour ont obtenu des applaudisse mens , ainsi que les cit. Carpentier et Chénier dans ceux de Valet et d’Usurier Juif. L’auteur de cet ouvrage est le cit. Maurice Seguier.

F- J. B. P. G***.

Journal de Paris, 24 mai 1812, p. 5 : :

[Compte rendu succinct : résumé de l’intrigue, jugement équilibré (« canevas assez faible » contre « quelques jolies scènes »), nom de l’auteur. Rien sur l’interprétation.]

Gescour, officier français, qui a été prisonnier de guerre en Allemagne, y a été accueilli avec générosité par un colonel de l’Empire ; peu de temps après, les hasards de la guerre lui procurent l’occasion de sauver la vie et d’offrir à son tour l’hospitalité à ce brave Autrichien ; & cette réciprocité de courtoisie amène le mariage du jeune Français avec la sœur du colonel ; tel est le canevas assez faible sur lequel on vient de broder quelques jolies scènes au petit théâtre du Vaudeville. L’auteur de cette bluette est le C.en Maurice Séguier.

« Tout finit par des chansons

Magasin encyclopédique, ou journal des sciences, des lettres et des arts, 8e année, 1802, tome I, p. 105-106 :

[La pièce évoquée juste avant n’était dotée ni d’une intrigue, ni de bon goût : celle-ci échappe au second reproche. Mais elle ne restera sans doute pas au répertoire. Le résumé de l’intrigue confirme la pauvreté du fonds. Un peu d’ironie sur la répétition du mot « reconnaissance » à la fin de plusieurs couplets. L’auteur est cité. Les acteurs « ont très-bien joué leurs rôles », sauf un qui « a été d’une fadeur insupportable », au point de s’attirer une comparaison peu flatteuse (le Colin étant plutôt un paysan qu’un poisson).]

Les Hasards de la guerre.

Si cette pièce, jouée le 21 floréal, n'est pas pour l'intrigue beaucoup plus forte que le terne, au moins le mauvais goût n'y règne-t-il pas : on y a applaudi des couplets bien écrits et bien pensés : mais la foiblesse du fonds est si grande que certainement cette pièce ne restera pas longtemps au répertoire. Gercour, officier françois, a sauvé la vie à un colonel allemand, a loué pour lui une maison, et l'y loge avec sa sœur, la belle Rosemonde, dont il devient amoureux. La reconnoissance du frère et de la sœur remplissent la première moitié de la pièce. Rosemonde fait un tableau qui représente l'instant où Gercour sauve la vie à son frère. Celui-ci met au dessous du tableau, des billets de caisse que Gercour lui renvoie, quoiqu'on soit prêt à l'arrêter pour dettes. L'allemand prend ce refus pour de la hauteur. Rosemonde, qui sait par le valet de Gercour que celui-ci l'aime, conseille à son frère de lui donner sa main ; c'est ce que fait le colonel. On voit que dans cette pièce tout se fait par reconnoissance. Ce mot finit quatre ou cinq couplets. L'auteur est le C. Maurice Seguier. Verpré, Carpentier et M.me Bellemont ont très-bien joué leurs rôles, ainsi que le C. Chénier, dans une petite scène où il fait un usurier juif ; mais le C. Henri a. été d'une fadeur insupportable. Il avoit plutôt l’air d'un Colin que d'un officier de hussards.

Le Porte-feuille français pour l'an XI (1803), p. 191, qui nous donne le nom de l'auteur, Maurice Séguier, se contente d'un commentaire laconique : « Sujet heureux !!! ».

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