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Une aventure de Saint-Foix, ou le Coup d'épée

Une aventure de Sainte-Foix, ou le Coup d'épée, opéra en un acte, d’Alexandre Duval et *** [Saint-Chamant], musique de Tarchi. 8 pluviose an 10 [28 janvier 1802].

Théâtre de l'Opéra Comique National, rue Feydeau

On trouve aussi l’orthographe Saint-Foix.

Titre :

Une aventure de Sainte-Foix, ou le Coup d’épée

Genre :

opéra

Nombre d'actes :

1

Vers / prose

prose, couplets en vers

Musique :

oui

Date de création :

8 pluviôse an 10 (28 janvier 1802)

Théâtre :

Théâtre de l’Opéra-Comique national, rue Feydeau

Auteur(s) des paroles :

Alexandre Duval et *** [Saint-Chamant]

Compositeur(s) :

Tarchi

Almanach des Muses 1803

M. Belleville, tuteur de la jeune Adèle, attend Sainte-Foix pour l'unir à sa pupille ; mais Adèle aime un jeune militaire, nommé Florbel. Ce dernier est neveu de Sainte-Foix, et ne connaît pas son oncle. Le hasard veut que les deux prétendus se rencontrent. Saint-Foix dit à Florbel qu'il est joli garçon, le persifle ; Florbel reçoit mal le compliment, les plaisanteries ; appelle Sainte-Foix en duel et le blesse. Nouveaux sarcasmes malgré la leçon, Sainte-Foix prétend que Florbel a quelque défaut ; il est précipité à l'instant d'une terrasse dans un jardin, crie au jeune homme : « Vous voyez bien que vous avez un défaut ; vous êtes un brutal. » Ce jardin est celui de M. Belleville. Adèle arrive, et prend Sainte-Foix pour Florbel. Le tuteur survient et, lorsqu'il croit surprendre un amant déguisé, est fort étonné de voir Sainte-Croix. Cependant Florbel apprend que c'est avec son oncle qu'il s'est battu, et il vient lui faire des excuses. L'oncle un peu querelleur, mais au fond très-bonhomme, pardonne à son neveu, et lui laisse épouser sa maîtresse.

Beaucoup de gaieté dans le poème, de jolis morceaux dans la musique.

Courrier des spectacles, n° 1796 du 9 pluviôse an 10 [29 janvier 1802], p. 2 :

[L’article commence par affirmer que tout le monde connaît le héros de cette pièce, mais le critique croit utile de rappeler qui il est, auteur de « jolies pièces », et chercheur de querelles, dont il nous donne un exemple qu’il reprendra ensuite. Les auteurs ont construit autour de cette anecdote « une fable nouvelle » destinée à rendre le personnage comique. Elle a obtenu un grand succès malgré des longueurs et des inconvenances dans le début. D’abord « languissante » et froide, l’exposition cède la place à une intrigue qui marche fort dès que le personnage peut « déployer son caractère ». L’intrigue est centrée sur une affaire de mariage : un neveu de Saint-Foix veut épouser une jeune fille que son tuteur veut donner comme épouse à Saint-Foix. Vieux ressort des comédies, oncle et neveu ne se connaissent pas. Les auteurs ne profitent pour faire raconter au neveu les hauts faits de son oncle. Saint-Foix, précédé de sa réputation de querelleur accepte de se soumettre à une épreuve pour obtenir la main de la jeune Adèle : pas d’affaire d’honneur pendant huit jours. Naturellement, Saint-Foix se met bien vite dans une affaire d’honneur, mais avec son neveu, dont il se moque. L’intrigue devient un peu embrouillée (on a droit à une scène de jardin la nuit provoquant la confusion entre oncle et neveu) au terme de laquelle le neveu vient demander à l’oncle de lui pardonner sa saute d’humeur, et Saint-Foix renonce à la main d’Adèle au profit de son neveu. La fin de l’article est consacré à la musique de l’opéra, qui a beaucoup fait pour le succès de la pièce, même si « deux ou trois airs […] dans le commencement ralentissent l’action ». Le critique cite plusieurs airs montrant le talent du compositeur, occasion de le nommer (et de glisser en même temps celui des auteur des paroles Duval et un jeune homme anonyme. les interprètes sont ensuite nommés et félicités, avec un traitement particulier pour Elleviou. Mais personne n’a démérité, loin de là.]

Théâtre Feydeau.

Une Aventure de Saint-Foix, ou le Coup d’Epée.

Tout le monde connoît, et quelques journaux ont encore dernièrement cité le trait d’entêtement qui caractérise l’aimable auteur de l’Oracle, des Graces, et de plusieurs autres jolies pièces. Il vit un soir dans un café un particulier qui prenoit une bavaroise. Il s'approche et lui dit : Voilà un fichu souper. L’autre répond que c’est son goût, qu’au surplus ce n'est pas son affaire ; ils vont se battre ; Saint-Foix est blessé : êtes-vous content, Monsieur , lui dit son adversaire ? — Tout comme il vous plaira ; mais vous ne m’empêcherez pas de dire qu’une bavaroise est un fichu souper. Les auteurs de la nouvelle pièce, sans s’attacher à suivre cette historiette, ont bâti une fable nouvelle qui présente leur héros sous des traits comiques, et qui a obtenu beaucoup de succès. Ils ne peuvent se dissimuler néanmoins les longueurs et quelques choses de mauvais goût que l’on a remarquées dans le commencement de cet opéra. L’exposition en est languissante, les scènes d’amour froides comme tant d’autres ; mais à-peine Saint-Foix commence-t-il à déployer son caractère, que tout marche et arrive presque sans peine, du moins avec gaité, au dénouement.

Monsieur Belleville, tuteur de la jeune Adèle, et ancien ami du père de Saint-Foix, attend ce dernier pour lui donner la main de sa pupille ; les vieillards choisissent toujours contre le goût des filles, c’est l’usage : aussi y a-t-il un autre amant préféré. C’est Florbel, jeune officier de dragons, en garnison à Bourges, qui est logé à l’auberge du Lion d’Or, dont la terrasse domine le jardin de M. Belleville. Ce Florbel est neveu de Saint-Foix, qui ne le connoît pas et qui en arrivant à Bourges brûle de se lier avec lui. Sa réputation d’entêté et de spadassin l’a précédé dans cette ville ; aussi le tuteur, la pupille et la soubrette lui racontent-ils avec malignité ses aventures dont il est loin de se repentir. Ici c’est la scène du café et de la bavaroise ; là c’est l’aventure du coup d’épée qu'il reçut d’un homme qu’il avoit voulu empêcher d applaudit à une de ses pièces. Cet esprit querelleur ne laisse pas que d’effrayer M. Belleville, qui lui déclare qu’il n obtiendra sa pupille qu’à une condition, celle de n’avoir aucune affaire d’honneur durant huit jours. Après ce tems, le contrat sera signé, Saint-Foix le promet, d’ailleurs, est-ce lui qui attaque ? il est si pacifique. Il va au Lion d’Or pour faire transporter ses malles de cette hôtellerie à la maison de M. Belleville. Sur la terrasse il apperçoit uu jeune officier. C’est Florbel qui attend un rendez-vous promis par Adèle vers neuf heures du soir. Il l'examine, lui dit qu'il est joli homme, en un mot le mistifie ; et le joli homme piqué an vif, tire l’épée et blesse notre spadassin. Non content de cette leçon, il réitère ses sarcasmes, impatiente Florbel à qui il veut absolument trouver un défaut. Le jeune homme le pousse par les épaules du haut de la terrasse dans le jardin du tuteur, dont Saint-Foix tout meurtri lui crie encore : Vous voyez bien que vous avez un défaut, vous êtes un brutal.

Adèle vient au jardin avec sa suivante ; dans l’obscurité, elle prend St-Foix pour Florbel ; le tuteur instruit du rendez-vous, arrive, croit sur prendre un autre amant et ne voit que St-Foix, mais tout se découvre ; Florbe1 qui a appris avec qui il avoit eu affaire, vient conjurer St-Foix de lui pardonner, et celui-ci renonce en faveur de son neveu à la main d’Adèle

La musique a contribué beaucoup au succès de cet opéra, à l’exception de deux ou trois airs qui dans le commencement ralentissent l’action. On a vivement applaudi le joli rondeau chanté par Mlle Philis, le trio exécuté par Martin et mesdames Philis et Gavavdan, et enfin le sextuor du dénouement. La plûpart des morceaux ont un cachet de légèreté et de gaîté qui fait infiniment d’honneur au compositeur, c*est le cit. Tarchi. Les auteurs des paroles sont les cit. Duval et un jeune homme qui a désiré garder l’anonyme.

Elleviou a joué et chanté le rôle de Saint-Foix avec une aisance et une gaité charmantes. Martin faisoit Florbel : le rôle n’est pas brillant, mais il l’a parfaitement chanté. Les cit Chenard et Moreau, et mesd. Philis et Gavaudan ont rempli les autres rôles, et n’ont rien laissé à désirer dans cette représentation.

F. J. B. P. G***.          

La Décade philosophique, littéraire et politique, an X, 2me trimestre, n° 14 (20 Pluviôse), p. 308-309 :

[Article repris dans l’Esprit des journaux français et étrangers, trente-unième année, ventôse an 10 (mars 1804), p. 222-224, mais amputé de son dernier paragraphe sur la musique : crainte de la polémique ? Toujours la question de la musique italienne, de l’harmonie et du chant (les Italiens sont du côté de l’harmonie.

Sinon, la pièce ressuscite quelqu’un que tout le monde était censé connaître en 1802 et que nous ne connaissons plus l’illustre M. de Sainte-Foix (Germain-François Poullain de Saint-Foix, 1698-1776, écrivain et dramaturge après avoir été mousquetaire). Un premier paragraphe est surtout consacré au héros de la pièce, présenté comme « un peu querelleur », ce qui lui vaut d’être mis en scène (le critique dit que c’est un honneur : à chacun d’en juger). L’anecdote qui est objet de la pièce est ensuite résumée, avant un jugement plutôt positif sur le texte : action secondaire, mais « dans les détails, la touche comique et la gaîté originale de l'auteur des Héritiers, du Prisonnier, du Trente et Quarante , de Maison à Vendre », le citoyen Duval, qui aurait eu un collaborateur resté anonyme. On finit sur la musique, qui « a souvent de la mélodie et du charme : on pourrait lui reprocher de n'être pas tout à fait identique avec l'action et les paroles ». On est en pleine polémique (le citoyen G***, ne serait-ce pas l’immortel Geoffroy ?) : L. C. veut que la musique au théâtre serve les paroles, et ne soit pas une musique de concert...]

Théâtre de l’Opéra-Comique, rue Faydeau.

Une aventure de Sainte-Foix.

Tout le monde connaît l'auteur des Essais sur Paris, des jolies comédies des Graces, de l’Oracle, et de quelques autres ouvrages estimables. Sainte-Foix, dans sa vie privée, eut quelques aventures éclatantes que son-caractère naturellement un peu querelleur lui attira, et l'entêtement plaisant avec lequel il soutenait ses revers en pareille occasion, a mérité une sorte de célébrité ; l'histoire de la Bavaroise a passé en proverbe. C'est aussi sous ce rapport assez plaisant que le caractère de Sainte-Foix pouvait aspirer à l'honneur d'être mis en scène ; ce n'est point un spadassin ordinaire, comme l'ont dit quelques journalistes, ce caractère serait plus odieux que comique, et ce n'était pas celui de Sainte-Foix, mais c'est un original plaisant qu'un militaire qui ne peut jamais se refuser un bon mot, qui répare en brave homme le tort qu'il s'est donné, et qui, lorsqu'il est vaincu, conserve son sang-froid et sa plaisanterie, et prouve à ses adversaires qu’il avait eu droit de penser ce qu'il avait dit. Voici la manière adroite dont fauteur a mis ce caractère en scène.

Sainte-Foix trouve dans un hôtel garni un jeune militaire de bonne mine : il engage une conversation maligne avec lui, il vante sa belle figure, la noblesse de son maintien : mais il s'obstine à lui persuader qu'il doit avoir quelque grand défaut ; cette affectation de Sainte-Foix à revenir sans cesse sur la même observation, fatigue le jeune officier : ils se battent ; Sainte-Foix est blessé : et ne continue pas moins sa belle conjecture ; l'officier, importuné de cette folie, pousse Sainte-Foix du haut d'une terrasse dans le jardin, « Eh bien, lui dit Sainte-Foix, n'avais-je pas raison ? vous voyez que vous êtes brutal. » Ce jardin est celui d'une jeune personne, aimée par le jeune officier ; et par un de ces hazards de comédie, cette jeune personne est aussi la même que l'on destine à Sainte-Foix, dont le rival se trouve le neveu. L'oncle généreux consent à donner une double victoire â son rival.

L'action n'est absolument que secondaire dans ce joli petit ouvrage, qui n'avait pour but principal que l'exposition du caractère de Sainte-Foix. On reconnaît dans les détails, la touche comique et la gaîté originale de l'auteur des Héritiers, du Prisonnier, du Trente et Quarante , de Maison à Vendre. On a annoncé, après le succès bien mérité de la pièce, que le C. Duval avait un collaborateur ; mais celui-ci a desiré garder l'anonyme.

La musique a souvent de la mélodie et du charme : on pourrait lui reprocher de n'être pas tout à fait identique avec l'action et les paroles : dussé-je m'attirer encore, du C. G***, inculpation grave d'hérésie et d'absurdité, je répéterai que la musique des italiens a pardessus tout ce grand défaut, c'est de s'accoutumer à croire les paroles inutiles, et qu'il serait à souhaiter que celle destinée au théâtre voulût se distinguer, sans se compromettre, de celle des concerts. Au surplus, la translation de l'Opéra-Buffa, dans la salle de la rue Favart, me paraît démontrer que ce n'est point le choix du local qui influe sur son succès, mais son genre, et que si je suis à cet égard dans l'erreur, elle m'est commune avec le plus grand nombre des habitans de Paris ; or,

Quand tout le monde a tort, tout le monde a raison.

L. C.

L’Esprit des journaux français et étrangers, trente-unième année, germinal an X [avril 1802], p. 186-187 :

[Article figurant également dans le Magasin encyclopédique, ou journal des sciences, des lettres et des arts, 7e année, 1801, tome V, p. 417-418.

Nouveau compte rendu de Une Aventure de saint-Foi ou le Coup d'épée, avec interversion du titre et du sous-titre. On peut se demander si le rédacteur de la revue s’en est aperçu ! Un compte rendu sur une pièce sans grande consistance, qui utilise un nom célèbre alors pour broder une histoire peu vraisemblable, mais qui devait donner lieu à des situations cocasses. Pas de commentaire sur le livret. Quelques mots sur la musique (« rien de saillant ; elle est cependant agréable », ce qui est un minimum). Rien sur l’interprétation.]

Le Coup d'épée, ou une Aventure de saint-Foi.

Saint-Foi est assez connu par ses charmantes comédies : mais autant ses compositions étoient aimables, autant son caractère étoit étourdi, même brusque , & surtout original. Il avoit l'habitude de chercher querelle à tout le monde, sous le plus léger prétexte ; & moins heureux que brave, il recevoit toujours la punition de son inconséquence. On connoît la plupart de ses aventures : ici l'auteur n'a pris que son caractère, & a composé lui-même le roman de sa pièce. Saint-Foi arrive dans une petite ville où il vient épouser une jeune personne qui ne l'aime pas, & qui lui préfère un officier. On a mis pour condition qu'il sera huit jours sans se battre, Cet officier, que Saint-Foi rencontre, & à qui, selon sa coutume, il cherche querelle, est son neveu. Il ne le reconnoît pas, reçoit un coup d'épée , tombe d'une terrasse dans le jardin de sa prétendue. Bien entendu qu'il ne l'épouse pas, puisqu'il a manqué à sa parole.

L'auteur des paroles est le C. Duval. La musique, du C. Tarchi, n'a rien de bien saillant ;
elle est cependant agréable.

Porte-feuille français pour l’an XI (1803), quatrième année, an XI (1803), p. 161-162 :

[Le jugement sur la musique n’est pas le même que celui de la Décade philosophique...]

Une Aventure de Sainte-Foix, ou le Coup d'Épée, opéra comique en un acte, paroles de A. Duval et d'un anonyme, musique de Tarchy, représenté le 8 pluviôse.

M. Belleville, tuteur d'Adèle, attend Sainte-Foix pour lui donner la main de sa pupille. Mais Adèle a disposé de son cœur en faveur de Florbel, jeune officier en garnison à Bourges (où se passe la scène), et logé au Lion d'Or, auberge dont la terrasse domine le jardin de la maison de M. Belleville. Ce Florbel est neveu de Sainte-Foix, et ne le connaît pas. Cependant la réputation de Sainte-Foix l'a précédé à Bourges. Adèle sait qu'il est entêté, spadassin : elle s'effraie d'une union avec un homme d'un pareil caractère. M. Belleville lui déclare qu'il n'obtiendra sa pupille qu'à la condition expresse qu'il n'aura aucune affaire d'honneur pendant huit jours : Sainte-Foix le promet ; et, six minutes après, il mystifie un jeune officier (Florbel), qu'il trouve sur la terrasse du Lion d'Or ; lui soutient qu'il doit avoir un défaut, se bat et reçoit de son neveu un coup d'épée. Cette leçon ne le corrige pas, il continue ses sarcasmes. Florbel, impatienté, le pousse par les épaules : Sainte-Foix fait un faux pas, et tombe de la terrasse dans le jardin de M. Belleville. — Vous voyez bien que vous avez un défaut, s'écrie Sainte-Foix tout froissé de sa chute ; vous êtes un brutal.

Cependant Adèle et Florbel s'étaient donné rendez-vous pour le soir dans le jardin du tuteur : Adèle arrive au rendez-vous avec sa suivante ; elle prend Sainte-Foix pour Florbel. Le tuteur, de son côté, croyant surprendre un amant, s'empare du prétendu : Florbel reconnaît son oncle, et l'oncle pardonne.

De la longueur dans l'exposition , des scènes d'amour froides (comme tant d'autres) ; mais de la gaîté, de la rapidité dans l'action, lorsque Sainte-Foix est en scène ; de la musique charmante, et qui a beaucoup contribué à la réussite. — Succès.

D’après Nicole Wild et David Charlton, Théâtre de l'Opéra-Comique Paris : répertoire 1762-1972, p. 431, Une aventure de Saint-Foix ou le Coup d’épée, livret d’Alexandre Pineu-Duval et Saint-Chamant, musique d’Angelo Tarchi, a été joué jusqu’en 1808. Ils signalent la double orthographe, Sante-Foix ou Saint-Foix.

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