La Papesse Jeanne (Flins des Oliviers, 1793)

La Papesse Jeanne, pièce en vaudevilles, de Flins des Oliviers, 5 février 1793.

Théâtre du Vaudeville.

Titre :

Papesse Jeanne (la)

Genre

pièce en vaudevilles

Nombre d'actes :

 

Vers / prose ?

en prose, avec des couplets en vers

Musique :

vaudevilles

Date de création :

5 février1793

Théâtre :

Théâtre du Vaudeville

Auteur(s) des paroles :

Flins des Oliviers

L’Esprit des journaux français et étrangers, 1793, volume 4 (avril 1793), p. 355-357 :

[Deuxième pièce sur la fameuse papesse Jeanne la même année, ça fait visiblement beaucoup pour le critique ! Son jugement est sévère : il commence par condamner le graveleux sur le théâtre, et affirme qu’une pièce qu’on ne peut montrer à une jeune fille n’a rien à faire sur la scène. Le théâtre « doit être l'école des mœurs », et c’est loin d’être le cas en 1793 (la condamnation porte bien sur l’immoralité de trop nombreuses pièces). La nouvelle Papesse Jeanne a eu moins de succès que celle de la rue Feydeau : elle joue moins sur les équivoques, mais « ses situations sont plus froides », et elle fait moins rire. Après le résumé de l’intrigue, et la mention d’un vaudeville final « assez froid », le compte rendu s’achève sur la difficulté d’écrire un vaudeville, qu’on croit bien plus simple qu’il n’est réellement, avant un dernier paragraphe qui revient sur l’indécence du sujet, que le critique croit impropre au théâtre.]

THÉATRE DU VAUDEVILLE.

La papesse Jeanne, piece en vaudevilles, représentée pour la premiere fois le 5 février 1793.

Le sujet de la Papesse Jeanne a été traité au théâtre de la rue Feydeau par Léger, & nous avons rendu compte de sa piece dans notre volume de mars. C'est un de ces sujets qui seroit beaucoup plus plaisant & moins graveleux, dans un conte ou dans un poëme, que sur la scene. De quelque maniere qu'on retourne ce sujet, on ne peut s'empêcher d'éviter certaines équivoques un peu fortes, & des plaisanteries qui peuvent effaroucher l'innocence. Dès l'instant qu'une mere ne peut pas mener sa.fille voir une piece qui pourroit échauffer son imagination, exciter ses désirs curieux, & lui apprendre ce qu'elle doit savoir le plus tard possible, cette piece doit être rayée du théâtre, comme contraire aux mœurs & au but si louable de la bonne comédie. Nous ne savons que trop que cette réflexion est vague, inutile, & que s'il falloit épurer, dans ce moment-ci, le spectacle qui doit être l'école des mœurs, il resteroit bien peu de pieces nouvelles au répertoire de chaque théatre !... Quoi qu'il en soit, la papesse Jeanne du Vaudeville n'a pas eu un succès aussi décidé que celle du théatre de la rue Feydeau. L'auteur de la premiere a peut-être plus ménagé les fortes équivoques que l'auteur de la seconde ; mais ses situations sont plus froides, & l'on y trouve plus rarement le mot pour rire : son plan sera: très-facile à tracer.

Jeanne est mariée ; elle a fait de son époux le cardinal Pernest ; Jeanne est enceinte & se propose d'aller faire ses couches dans une maison de campagne isolée, au milieu de quelques domestiques affidés. Sur ces entrefaites, Colette, jeune bergere, est accusée par le peuple d'avoir perdu son innocence entre les bras de Colin. Colette est enceinte aussi : elle vient trouver le pape pour obtenir des indulgences. Jeanne lui répond que ce cas de conscience est au-dessus de son pouvoir : on est allé consulter une vieille sybille, qui seule peut arranger cette affaire. Peu après Jeanne se sent très-indisposée, la réponsé de la sybille arrive : le crime de Colette ne peut être pardonné, à moins que, par un miracle, Dieu ne permette que le pape en fasse autant qu'elle. Chacun reste stupéfait ; mais Jeanne console Colette ; Jeanne, qui souffre beaucoup, se retire, & bientôt on vient annoncer que le pape vient d'accoucher : on crie au miracle ! un cardinal propose un concile ; une nourrice, s'écrie Pernest !... & la piece finit par le pardon de Colette & par un vaudeville assez froid.

Il faut plus que de l'esprit pour faire le vaudeville, il faut de l'habitude pour le couper : aussi plusieurs couplets de cette piece ne sont-ils pas assez aiguisés ; en un mot, c'est un cadre original, souvent de l'esprit, mais sans couleur, sans gaieté. On a cependant demandé l'auteur : c'est M. Flins, à qui l'on doit le Réveil d'Epiménide & la charmante comédie de la jeune Hôtesse. M. Flins ne doit point s'affliger de nos observations, qui sont celles du public plus que les nôtres. Quand on écrit avec autant de graces, d'esprit & de facilité, on est en fonds pour prendre sa revanche !... Mais un vaudeville, que bien des gens regardent comme peu de chose, ne se fait pas aussi facilement qu'on se l'imagine.

Nous ajouterons encore une réflexion sur ce sujet. – – – Quoique tout le monde sache à quoi s'en tenir sur l'histoire de la prétendue papesse, & son aventure, la décence & le bon goût exigent plus de ménagement pour des personnages respectables, que de le montrer sur le-théatre dans une fable de cette nature.

César : Flins, c'est Claude-Marie Louis-Emmanuel Carbon de Flins Des Oliviers.

Et César ne lui connaît pas de Papesse Jeanne.

Peut-être (ou sans doute) faut-il attribuer à la pièce de Flins des Oliviers les 7 représentations signalées au milieu des représentations de la pièce homonyme de Léger, et qui ont été données au Théâtre du Vaudeville, entre le 5 février 1793 et le 22 mars 1793.

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