Le Petit fifre ou la Noce flamande

Le Petit fifre, ou la Noce flamande, comédie en un acte, mêlée de couplets, de Merle et Brazier, 11 novembre 1811.

Théâtre des Variétés.

Almanach des Muses 1812.

Sur la page de titre de la brochure, Paris, chez Barba, 1811 :

Le Petit Fifre, ou la Noce flamande, comédie en un acte, mêlée de couplets ; De MM. Merle et Brazier ; Représentée, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre des Variétés, le 11 Novembre 1811.

Journal de Paris, n° 43 du 12 novembre 1811, p. 1-2-3 :

[Le compte rendu commence ironiquement par la mention du repas qui ouvre la pièce, passage quasi obligé des pièces du Théâtre des Variétés. Il continue par le résumé de l’intrigue, une histoire située en Flandres de mariage menacé par la jalousie du futur marié qui craint d’être trompé parce qu’il a aperçu l’étranger que sa fiancée héberge pour le protéger. Il suffit d’une ruse facile pour le sauver, pour que tout s'éclaircisse et que le mariage ait lieu. Le critique trouve une curieuse parenté de la pièce avec l’acte 2 d’un mélodrame de Pixerécourt, la Forteresse du Danube, emprunt surprenant quand on connaît le peu de considération du Théâtre du Vaudeville pour le mélodrame. Mais cela n’empêche pas que la pièce a eu du succès. Elle rappelle un tableau du peintre flamand Téniers et est fort gaie. Les auteurs ont été nommés.

THÉATRE DES VARIÉTÉ$.

Première représentation du Petit Fifre , ou la Noce flamande, vaudeville en un acte.

L'action commence par un déjeûner ; un repas est une des scènes presque obligées de beaucoup de pièces jouées à ce théâtre ; nous n'en conclurons pas que l'esprit des auteurs et des acteurs soit dans leur estomach ; mais peut-être pensent-ils avec certains sages que pour être en état de tirer parti de l'un, il faut ne pas négliger l'autre.

« Horace a bu son saoul quand il voit les Ménades »

a dit Boileau, et Boileau, comme on sait, est un oracle. Voyons donc si le déjeûner du Petit Fifre sera plus substantiel que la Tasse de chocolat.

Le père Van-Elde, invalide retiré dans un village de la Flandre, a destiné la main de son fils Péters, fifre d'un régiment allemand, à Lisbeth, fille de Mad. Gertrude, sa voisine. Elevés ensemble, ces deux jeunes gens se sont d'abord aimés comme frère et sœur, et maintenant l'amour est de la partie. On attend l'arrivée de Péters ; tout le village va au-devant de lui ; Lisbeth seule reste à la maison. Qui peut donc l'y retenir ? Une bonne action.

Comne Gabrielle, dans le vaudeville de Florian, Lisbeth a douné azile à un étranger. Il se nomme Saint Elme ; il est lieutenant ; une affaire d'honneur le contraint de se cacher pour se soustraire aux poursuites qu'exerce contre lui le père de l'adversaire qu'il a tué en duel. Péters ne voyant pas sa maîtresse avec ceux que l'amitié a conduits au-devant de lui, conçoit des soupçons jaloux ; il arrive, épie Lisbeth et se persuade qu'elle est volage ; dans son dépit, il la menace de retourner, sans l'épouser, à son régiment. Cependant il voit Saint Elme, et reconnaît en lui son lieutenant, à qui il doit la vie, et pour qui il sacrifierait la sienne. Celui-ci n'a pas de peine à justifier Lisbeth auprès de son amant.

Toute la famille, tous les habitans s'intéressent bientôt au fugitif ; il est sur le point d'être arrêté ; mais l'invalide Van-Elde agit de ruse pour le sauver : il fait boire, en les invitant à la noce, les gens chargés de poursuivre le lieutenant, et engage l'un d'eux, sous le prétexte de le nommer garçon d'honneur, à se déguiser sous les habits de cet officier. Le bailly du lieu veut bien seconder le stratagème ; il s'empare du faux lieutenant qu'il feint de prendre pour le véritable ; Saint-Elme échappe ainsi au danger qui le menaçait, et la noce est continuée.

Cette bluette nous a paru en partie calquée sur le second acte de la Forteresse du Danube, de M. Guilbert-Pixérécourt. Les auteurs de vaudevilles ne perdent-ils pas le droit de lancer des épigrammes contre les mélodrames, et peuvent-ils sur-tout en lancer sans ingratitude, lorsqu'ils ne dédaignent pas d'y puiser, d'une manière aussi évidente, des sujets de pièce ?

Au reste, imité ou non, l'ouvrage a été porté jusqu'aux nues. C'est un tablean dans le genre de Ténières, et d'une gaîté spirituelle et franche. Les auteurs ont été demandés, et l'on a nommé MM. Brazier et Merle.

J. D.

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